Les élections américaines, live from Philly

La campagne présidentielle américaine, suivie et commentée au jour le jour depuis Philadelphie

17 octobre 2008

La course aux soutiens des journaux

La fin de la campagne approche à grands pas (plus que 18 jours!) et c'est le moment où les journaux déclarent en masse leur soutien à tel ou tel candidat. Oh bien sûr, ça n'a pas un très grand effet, mais c'est intéressant de voir les statistiques.
En 2004, Bush avait reçu le soutien de 189 journaux (pour un tirage combiné de 14.5 millions d'exemplaires), et Kerry en avait reçu 208 (pour un tirage de 20.8 millions). Ce qui n'a pas empêché Kerry de perdre...

Cette année, voici les statistiques à l'heure actuelle: Obama a reçu le soutien de 42 quotidiens et magazines (pour un tirage combiné de 11 millions) et McCain n'a reçu le soutien que de 15 journaux (tirage total 1.7 million). La disparité est bien plus importante qu'en 2004. Plusieurs des journaux soutenant cette année Obama avaient soutenu Bush en 2004 et 2000.

Un soutien majeur reçu par Obama aujourd'hui est celui du Washington Post, tiré à lui seul à près de 700'000 exemplaires. Bien sûr, ils avaient déjà soutenu Kerry en 2004, mais c'était plutôt une opposition à Bush qu'un véritable enthousiasme pour Kerry.

Certes, dans son éditorial, le Post note les défauts de McCain:
"Notre choix est facilité en partie par la campagne décevante de M. McCain, et par dessus tout sa sélection irresponsable d'une colistière qui n'est pas prête à être présidente. (...) Le stress d'une campagne peut révéler quelques vérités essentielles, et l'image de M. McCain qui est apparue cette année est loin d'être rassurante. Pour passer le test préalable de son parti concernant les baisses d'impôts, il a jeté par-dessus bord son attachement aux budgets équilibrés. Il n'a pas proposé de programme cohérent, et est parfois paru irréfléchi et impulsif. Et nous de parvenons pas à voir comment sa prétendue passion pour la sécurité nationale américaine peut cadrer avec son choix de colistière qui, indépendamment de ses autres atouts, n'est pas prête à être Commandante en Chef."

 Mais donne des raisons très positives de soutenir Obama:
"Le choix est facilité principalement, cependant, par notre admiration pour M. Obama et les qualités impressionnantes qu'il a montrées durant cette longue campagne. (...) M. Obama, a aussi une vision sophistiqué du monde et de la place de l'Amérique. (...) Sur beaucoup de sujets, comme le besoin de combattre Al Qaïda, contrôler les ambitions nucléaires de l'Iran et lutter contre le SIDA à l'étranger, il diffère peu de M. Bush ou M. McCain. Mais il promet une diplomatie plus adroite et un meilleur engagement auprès de nos alliés. Son équipe exagère un peu les résultats drastiquement meilleurs que cela peu produire, mais cela vaut certainement la peine d'essayer. (...) Mais le tempérament de M. Obama est différent de ce qu'on a pu voir sur la scène nationale depuis des années. Il est mesuré mais pas irrésolu, éloquent mais également un maître de l'essentiel et des détails; extraordinairement sûr de lui mais désireux d'entendre des points de vue contraires. Il a inspiré des millions d'électeurs de tous âges et races, ce qui n'est pas rien dans notre pays souvent cynique et divisé. Nous pensons qu'il est l'homme qu'il faut en ces moments périlleux."

Notons également aujourd'hui le soutien du Los Angeles Times, ainsi que le Chicago Tribune, journal républicain qui n'avait jamais soutenu un démocrate à une présidentielle auparavant. Le soutien du New York Times devrait suivre ce week-end.

Dans un autre registre, Colin Powell, ancien secrétaire d'état de l'administration Bush, est attendu dans le talk show "Meet the Press" ce dimanche, et beaucoup spéculent qu'il pourrait soutenir Obama. Voilà qui serait un soutien de poids par une figure encore assez respectée du parti républicain (il avait reconnu que sa présentation controversée à l'ONU en février 2003 des preuves qu'il fallait intervenir en Irak faisait "tache" dans son dossier, et a toujours été perçu comme une personnalité modérée dans l'administration Bush).

Posté par Pat Philly à 10:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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