Les élections américaines, live from Philly

La campagne présidentielle américaine, suivie et commentée au jour le jour depuis Philadelphie

19 octobre 2008

Le soutien de Colin Powell

Comme supposé, Colin Powell a donc apporté son soutien à Obama. Voici la vidéo, et voici le texte de ses arguments:

Chacun d'eux, je pense, serait un bon président. J'ai dit à M. McCain que j'admire tout ce qu'il a fait. Je suis un peu préoccupé par la direction que le parti a prise ces dernières années. Il s'est placé plus à droite que je ne le voudrais, mais c'est le choix du parti. Et j'ai dit à M. Obama: "Vous devez passer le test consistant à savoir si vous avez suffisamment d'expérience et apportez l'expertise qui nous rendrait confiants que vous seriez un bon président." Et je l'ai observé ces deux dernières années, franchement, et j'ai eu cette conversation avec lui. J'ai été particulièrement attentif durant les dernières 6 ou 7 semaines, où tous deux ont vraiment passé un test final par rapport à cette crise économique et à l'issue des conventions. Et je dois dire que j'ai bien pu jauger les deux. Dans le cas de M. McCain, j'ai trouvé qu'il était un peu incertain sur la manière de gérer les problèmes financiers que nous avions et presque chaque jour, il y avait une approche différente au problème. Et cela m'a inquiété, sentant qu'il n'avait pas une complète maîtrise des problèmes économiques que nous avions. Et j'étais aussi préoccupé par la sélection du gouverneur Palin. C'est une femme tout à fait brillante, et admirable; mais en même temps, maintenant que nous avons eu la chance de l'observer depuis environ 7 semaines, je ne crois pas qu'elle soit prête à être présidente des Etats-Unis, ce qui est le rôle du vice-président. Et donc, cela a soulevé des questions dans mon esprit concernant la décision que le sénateur McCain a prise.

New_Picture__36_Du côté de Obama, j'ai observé M. Obama durant cette période de 7 semaines. Et il a affiché une constance, une curiosité intellectuelle, une profondeur de connaissance et une certaine approche de ces problèmes. Et le choix d'un vice-président qui, je crois, est prêt à être président dès qu'il le faut. Egalement, en ne sautant pas en tous sens et en changeant chaque jour, il a montré de la vigueur intellectuelle. Je pense qu'il a une bonne manière de gérer les affaires qui nous sera profitable. Je crois aussi que, du côté républicain, durant les 7 dernières semaines, l'approche du parti républicain et de M. McCain est devenue de plus en plus étroite. M. Obama, en même temps, a embrassé plus largement les besoins et aspirations de nos citoyens. Il transcende les codes - d'éthnies, de races, de générations. Il pense que tous les villages ont des valeurs, toutes les villes ont des valeurs, pas seulement que les petites villes ont des valeurs.

Et j'ai aussi été déçu, franchement, par certaines des méthodes que le sénateur McCain a utilisées récemment, aussi dans ses spots de campagne, sur des sujets qui ne sont pas fondamentaux pour les problèmes dont les Américains se soucient. Cette situation avec Bill Ayers qui dure depuis des semaines est devenue le point central de la campagne. Mais M. McCain dit que c'est un terroriste dépassé. Eh bien alors, pourquoi est-ce que nous continuons à parler de lui? Et pourquoi avons-nous ces appels téléphoniques enregistrés à travers le pays qui tentent de suggérer que, du fait de ce rapport très très limité que le sénateur Obama a eu avec M. Ayers, d'une certaine façon M. Obama serait souillé. Ils essaient de faire une connectin entre lui des espèces de sentiments terroristes. Je pense que c'est inapproprié.

Maintenant, je sais ce qu'est la politique. Je sais comment on peut se contester l'un l'autre, et c'est bien. Mais je crois que cela va trop loin. Et je pense que cela a fait paraître la campagne McCain un peu étroite. Ce n'est pas ce que les Américains recherchent. Et je regarde ces approches de la campagne et cela me dérange. Et le parti est devenu de plus en plus à droite, et le gouverneur Palin a indiqué un glissement encore plus fort vers la droite. J'aurais des problèmes avec deux autres nominés conservateurs à la Cour Suprême, et c'est ce que nous aurions dans une administration McCain. Je suis aussi préoccupé, non par ce que le sénateur McCain dit, mais par ce que les membres du parti disent. Et il est permis de s'entendre dire: "Eh, vous savez que M. Obama et musulman?". Et bien, la réponse correcte  est qu'il n'est pas musulman, il est chrétien. Il a toujours été chrétien. Mais la vraie bonne réponse est "et alors?". Même s'il l'était, est-ce mal d'être musulman dans ce pays? La réponse est non, ceci n'est pas l'Amérique. Est-ce un problème si un petit Américain musulman de 7 ans peut espérer devenir président? Pourtant, j'ai entendu des membres de mon propre parti sous-entendre: "Il est musulman et pourrait être associé à des terroristes". Ce n'est pas une façon de faire en Amérique. (...) Et John McCain est absolument contre tout forme de discriminations. Mais je suis inquiet du fait que, à l'intérieur du parti, nous ayons ce genre de propos.

Donc quand je considère tout cela, et je repense à ma carrière militaire, nous avons deux personnes, chacun d'eux pourrait être un bon président. Mais de quel président avons-nous besoin maintenant? Quelle personne répond aux besion de la nation dans les années qui viennent? Et je conclus que, du fait de sa capacité à inspirer, du fait à la nature ouverte de sa campagne, parce qu'il se préoccupe de toute l'Amérique, du fait de qui il est, du fait de ses talents rhétoriques - et il faut prendre cela en compte - du fait qu'il a à la fois du style et de la substance, il remplit les critères pour être un président brillant, pour être un président exceptionnel. Je pense que c'est une personnalité de changement. Il représente une nouvelle génération arrivant sur la scène mondiale, sur la scène américaine, et pour cette raison je voterai pour le sénateur Obama.


Colin Powell, qui a servi sous trois présidents républicains, conseiller à la sécurité nationale de Ronald Reagan, chef d'état-major des Armées de Bush père, et secrétaire d'état de Bush fils, déclare donc son intention de voter pour Obama, tout en commentant que Palin n'est pas prête à être présidente. Indépendamment du fiasco de sa présentation à l'ONU pour lancer la guerre en Irak, Powell est une personnalités les plus respectées du pays, avec des taux d'approbation excellents. Difficile de savoir si cela va véritablement aider Obama, mais ses remarques sont en tout cas dévastatrices pour McCain.Dommage pour McCain: c'était justement le moment ou jamais pour tenter un come-back: c'est sûr, la vidéo de Powell sera très regardée dans les jours qui viennent, pas vraiment le genre de chose souhaitée par le camp républicain.

powelljokeLa seule solution sera de tenter de discréditer Colin Powell pour que ce soutien perde en crédibilité. Et ça a déjà commencé: c'est décrit par les commentateurs conservateurs comme étant simplement une histoire raciale: un Noir qui soutient un Noir...

Posté par Pat Philly à 21:26 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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