Les élections américaines, live from Philly

La campagne présidentielle américaine, suivie et commentée au jour le jour depuis Philadelphie

06 mars 2008

Bush-McCain, toujours le tandem de rêve...

La nomination démocrate est relancée, comme discuté hier, et on s'achemine de plus en plus inexorablement vers un véritable bain de sang...

Pendant ce temps, chez les républicains, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. John McCain a officiellement franchi le seuil requis de 1191 délégués, et sera donc le nominé de son camp. Tant mieux pour lui, pendant que le parti adverse se déchire, il peut commencer à rassembler son camp et mener son petit bonhomme de chemin sans que les candidats démocrates se soucient trop de lui pour l'instant.

Et surtout, maintenant qu'il a remporté la nomination, il a eu l'immense honneur de recevoir l'absolution présidentielle. Un soutien à double-tranchant: même s'il ne peut guère snober Bush, au risque de fâcher les républicains qui le soutiennent (et ils sont encore étonnamment nombreux), il ne peut pas se permettre d'être trop proche du président. Vu le désir de changement des Américains, il doit à tout prix éviter que sa candidature passe pour un "troisième mandat" Bush, un message que les démocrates vont d'efforcer de faire passer. Voyez par exemple cette vidéo.

bushmc

Hier, McCain a donc été accueilli à la Maison Blanche pour recevoir le soutien officiel de Bush. L'avantage est que le président peut lever des fonds de façon efficace et importante pour la campagne de McCain. L'inconvénient est l'horrible image que cela donne de lui... D'autant que, souvenez-vous, il avait déjà été pris en mauvaise posture dans les bras du président.

Prisonnier de son propre soutien pour une guerre en Irak désastreuse, trop timide pour élaborer son propre programme de changement, se laissant passivement désigner comme l'héritier d'un président impopulaire... McCain pourrait bien creuser sa propre tombe (politique!) en espérant recevoir une aura présidentielle.

Durant le reste de la campagne, le soutien de Bush risque de devenir un fardeau. L'impression qui ressort de la conférence de presse d'hier à la Maison Blanche est la manière dont il a laissé Bush dominer l'événement. Lors de la première question des journalistes, Bush a bondi pour répondre et bien coincer McCain dans un rôle d'héritier de sa politique en Irak. En réponse à cette question posée à la fois à Bush et McCain, "comment le parti républicain va-t-il convaincre les électeurs qu'il peut apporter le changement qu'ils semblent demander, que ce soit sur l'Irak ou l'économie?", Bush a  ignoré l'économie pour donner son habituel discours sur l'importance de la guerre globale contre le terrorisme. Enfin, il a laissé à McCain l'occasion d'expliquer comment il allait offrir ce changement tant attendu: "Merci Monsieur. Je n'ai rien d'autre à ajouter"...

Difficile de prendre ses distances avec l'encombrant président. A une autre question: "Etant donné la faible popularité du président Bush, ce soutien sera-t-il positif ou négatif pour vous? Et dans quelle mesure espérez-vous qu'il fasse campagne pour vous?", McCain répond "J'espère qu'il fera campagne pour moi autant que son emploi du temps chargé le lui permet".

Les démocrates l'espèrent également de tout coeur...


Posté par Pat Philly à 11:08 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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