Les élections américaines, live from Philly

La campagne présidentielle américaine, suivie et commentée au jour le jour depuis Philadelphie

26 octobre 2008

J-9, ou quand les carottes sont cuites...

Encore 9 jours...
Voici l'état de la présidentielle. Tout est calme, la stabilité est de mise ce week-end sur le front électoral. Pour commencer, les sondages nationaux, où Obama est crédité en moyenne d'une avance de 8 à 9 points sur McCain. L'écart ne se réduit pas, au contraire...

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Et voici la situation au niveau des états. Avec les données de 3 sources, comme expliqué dernièrement, et les états classés du plus démocrate au plus républicain selon l'avance moyenne de Obama sur McCain. Les changements continuent à favoriser Obama: l'Iowa ne figure désormais plus dans le tableau, puisque les estimations fournies par toutes les 3 sources donnent une avance supérieure à 10 points au candidat démocrate. Voilà un état qui n'est plus compétitif et que Bush avait remporté en 2004... Il reste encore 6 états remportés par Kerry qui figurent dans le tableau (où au moins une des sources donnent un écart de moins de dix points), mais comme on le voit, ceux-ci sont guère menacés à l'heure actuelle. La Pennsylvanie, où McCain a semble-t-il essayé de jouer le tout pour le tout en prévoyant de nombreux arrêts de campagne la semaine prochaine, est largement favorable à Obama à l'heure à actuelle, et il paraît pour le moins douteux que McCain puisse combler son déficit d'une dizaine de points en si peu de temps. Outre les états Kerry et l'Iowa (qui totalisent 259 grands électeurs), nous projetons 9 autres états où Obama est en tête. S'il les remporte tous, cela lui donnerait un score final de 375. Parmi ces 9 états, il suffit à Obama de trouver 11 grands électeurs supplémentaires pour atteindre le nombre magique de 270.

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Par contre, les états que McCain est certain de gagner deviennent de moins en moins nombreux. Le Dakota du Nord (que Bush a remporté par 27 points d'écart en 2004), et Montana et la Géorgie sont plutôt proches, si bien que Obama pourrait rêver d'approcher les 400 grands électeurs. Désormais, même l'Arizona, le propre état de McCain, celui dont il est le sénateur, est assez proche. Il paraît impensable que Obama puisse accomplir cet exploit, mais voilà qui achèverait de saper le moral du parti républicain. Voici la représentation graphique, où tous les états affichant un écart moyen de moins de 6 points figurent en couleurs plus claires:

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Car peu de gens croient encore le miracle possible pour McCain. Beaucoup de républicains, sentant le désastre proche, ont choisi de soutenir publiquement Obama: il y avait Colin Powell, il y a eu également Scott McClellan (ancien porte-parole de l'administration Bush) et d'autres.

En outre, de nombreux journaux conservateurs ont soutenu Obama, citant la campagne décevante de McCain. Alors que, en 2004, Kerry avait reçu à peine plus de soutiens de journaux que Bush (213 contre 205), le contraste est saisissant cette année: Obama est soutenu par 178 publications (pour un tirage total de 28 millions d'exemplaires) contre 58 pour McCain (et un tirage total de moins de 5 millions). Et parmi les journaux soutenant Obama, pas moins de 33 avaient soutenu Bush en 2004 et ont donc changé de parti, tandis que McCain ne reçoit le soutien que de 5 publications qui avaient appuyé la candidature de John Kerry.

En fait, les éditoriaux et commentaires politiques font déjà régulièrement l'autopsie de la campagne McCain, parlant de ce qui a cloché, et détaillant les erreurs commises... alors que l'élection n'a encore même pas eu lieu! Des personnalités proches de la campagne McCain cherchent déjà à couvrir leurs arrières en portant la faute de la défaite attendue sur telle ou telle décision. On apprend également que McCain ne prévoit même pas forcément de s'adresse directement à ses supporters le soir de l'élection, mais ferait simplement des commentaires à la presse "en raison du manque de place" dans la salle où se réuniront ses partisans... Voilà qui n'est guère positif pour maintenir le moral des troupes.

En fait, nombre de stratèges républicains pensent que la présidentielle est perdue, et préconisent de faire concentrer les fonds et les efforts pour "sauver" ce qui peut l'être, c'est-à-dire limiter les pertes prévues dans les élections au sénat et à la chambre de représentants.

Posté par Pat Philly à 22:54 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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