Les élections américaines, live from Philly

La campagne présidentielle américaine, suivie et commentée au jour le jour depuis Philadelphie

04 octobre 2008

L'autre élection de novembre

Le 4 novembre a lieu l'élection présidentielle, on l'a bien compris... Mais il y a d'autres élections également très importantes qui ont lieu le même jour: les élections pour renouveler le congrès.
Petit rappel. Le congrès américain est composé de deux chambres:

  • La chambre des représentants, forte de 435 membres. Chaque état dispose d'un nombre de représentants proportionnel à sa population, et chaque état est donc découpé en circonscriptions (appelées districts) sur lesquelles chaque député est élu. Ainsi, la Californie est divisée en 53 districts et compte 53 représentants, la Pennsylvanie en a 19, l'Alaska et d'autres états peu peuplés ont un seul district et donc un seul représentant dans cette chambre. Tous les membres sont élus pour deux ans, et donc la totalité de la chambre des représentants est renouvelée à cette fréquence.
  • Le sénat, fort de 100 membres. Chacun des 50 états élit deux sénateurs, indépendamment de sa population. Les sénateurs sont élus pour un mandat de 6 ans, et donc environ un tiers du sénat est renouvelé à chaque élection, tous les deux ans.

La composition du congrès est actuellement la suivante:

  • Chambre des représentants: 236 démocrates, 199 républicains
  • Sénat: 49 démocrates, 49 républicains, et 2 indépendants. Les deux indépendants travaillent avec les démocrates, donnant aux démocrates un avantage 51-49 (notons tout de même que l'un des indépendants, Joe Lieberman, ancien démocrate et colistier de Al Gore en 2000, soutient maintenant McCain pour la présidentielle...)

Il est difficile de prévoir la composition de la nouvelle chambre des représentants puisqu'il y a 435 élections séparées à suivre, et que relativement peu de sondages sont publiés à ce sujet. Mais il semble que les démocrates soient en très bonne position pour ravir aux républicains une dizaine de sièges supplémentaires.

Image_3Ci-contre, voici la carte des districts (en rouge ceux avec des représentants républi- cains, en bleu avec des démocrates). Les districts en bleu clair sont ceux que les démocrates ont pris aux républicains lors des élections de 2006 (une trentaine de districts). En revanche, cette année-là, les républicains n'ont pas réussi à gagner un seul district démocrate.

Image_2Les élections du sénat sont plus intéressantes. Il y a cette année 35 élections sénatoriales. Et manque de bol pour les républicains: 23 de ces élections concernent des sièges actuellement détenus par eux, alors que les démocrates n'ont que 12 sièges à défendre. Sur ces 12 sièges actuellement démocrates, aucun n'est véritablement en danger: dans leurs sièges les plus vulnérables (Louisiane et New Jersey), les candidats démocrates ont une avance d'au moins 10 points dans les sondages (cf. tableau ci-contre). John Kerry sera reconduit largement comme sénateur du Massachusetts (il a plus de 30 points d'avance dans les sondages). En fait, non seulement les démocrates n'ont pas vraiment à défendre farouchement leurs sièges, mais ils sont en attaque et visent plusieurs sièges actuellement détenus par les républicains.
Notamment en Virginie, où l'ancien sénateur républicain a décidé de prendre sa retraite, et le démocrate Mark Warner, très populaire ex-gouverneur de l'état, a en moyenne 24 points d'avance sur son rival. Le Nouveau-Mexique semble également être un siège que les républicains n'ont aucune chance de conserver. D'autre part, le Colorado, le New Hampshire et l'Alaska sont des cibles de choix, et presque tous les sondages donnent les démocrates en tête. Avec la Caroline du Nord et l'Oregon, cela fait donc 7 sièges que les démocrates pourraient ravir aux républicains, ce qui leur donnerait un avantage important 58-42 au sénat.

En fait, les démocrates peuvent même se prendre à rêver d'atteindre le score fatidique de 60 sièges. En effet, même lorsque les républicains sont en minorité, ils peuvent fréquemment avoir recours au "filibuster", technique d'obstruction parlementaire visant à retarder le plus possible l'adoption d'une loi en prononçant délibérément d'interminables discours pour bloquer le débat. Les discussions peuvent en revanche être interrompues avec une supermajorité de 60 voix. C'est maintenant envisageable, avec le Minnesota, le Mississipppi et le Kentucky, où l'avance des candidats républicains a drastiquement diminué récemment.

Posté par Pat Philly à 23:51 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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