Les élections américaines, live from Philly

La campagne présidentielle américaine, suivie et commentée au jour le jour depuis Philadelphie

24 août 2008

Petit rappel de maths électorales, et l'élection de 2004

Bien, reprenons. La campagne présidentielle bat maintenant son plein: les conventions vont avoir lieu durant les deux prochaines semaines. Il est temps de rappeler les règles du jeu, puisque nous allons beaucoup en parler. On le sait, ce n'est pas le vote populaire au niveau national qui est important (sinon, Al Gore aurait été élu président en 2000...), mais le collège électoral. Le gagnant de chaque état remporte un certain nombre de points (ou "grands électeurs"): logiquement, un état plus peuplé a davantage de poids (même si la pondération n'est pas tout à fait proportionnelle à la population, comme expliqué précédemment).

Nous avons donc en fait 51 élections indépendantes (50 états + le district fédéral de Washington DC) qui rapportent un certain nombre de points et le but du jeu est de gagner une sélection de ces états qui totalisent une majorité des 538 points disponibles. Est donc élu président le candidat ayant engrangé au moins 270 points.

Voici la carte du champ de bataille, avec le poids électoral assigné à chaque état (cliquer pour agrandir).

usmap

En théorie, il suffirait en fait de gagner les 11 plus grands états, ne serait-ce que d'une voix, pour être élu (ils totalisent 271 points), même si le candidat reçoit une raclée dans les 40 autres états.

Examinons les résultats de la dernière élection pour mieux comprendre et pour avoir une bonne base. Voici la carte de l'élection de 2004: les états remportés par Bush sont en rouge (pour un total de 286), les états remportés par Kerry sont en bleu (total 252).

map2004

Il manquait donc 18 points à John Kerry pour être élu. Voilà pourquoi les résultats de l'Ohio - qui était très serré - étaient très attendus, puisque ses 20 points auraient suffi pour faire pencher la balance.

A première vue, Bush a remporté la plus grande partie du territoire, Kerry se contentant de gagner la côte ouest, le nord-est, et quelques états du midwest. L'effet est encore plus impressionnant si l'on regarde la carte des résultats comté par comté. Ci-dessous, en rouge les comtés remportés par Bush, et en bleu les (quelques...) comtés remportés par Kerry.

4_2004_by_county

Cela illustre à quel point les zones rurales sont conservatrices tandis que Kerry a remporté les zones plus densément peuplées (centres urbains du nord-est, agglomérations de Californie, etc.), ou celles avec une forte concentration de minorités (Afro-Américains dans les états du sud-est, Hispaniques autour du Nouveau-Mexique).

En fait, une manière plus claire de représenter les résultats est de déformer un peu la carte pour que chaque état ait une taille liée à son nombre de grands électeurs. Si l'on fait ceci, on voit que le nord-est, très densément peuplé, prend beaucoup d'importance, tandis que les états du centre se voient réduits comme peau de chagrin (ci-dessous, à gauche). On peut faire la même démarche avec la carte des résultats comté par comté en les déformant pour que les comtés plus peuplés apparaissent plus grands (ci-dessous, à droite).

3_2004_electoralcollege_cartogram 5_2004_county_population_cartogram

De cette façon, la domination de Bush est moins évidente et l'impression générale correspond mieux aux résultats finaux, qui étaient somme toute assez serrés. Nous examinerons bientôt la situation électorale de 2008 et discuterons dans quelle mesure nous pouvons nous attendre à des changements significatifs par rapport à la carte de 2004.

Posté par Pat Philly à 15:14 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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