Les élections américaines, live from Philly

La campagne présidentielle américaine, suivie et commentée au jour le jour depuis Philadelphie

05 mai 2008

Encore une fois: Obama n'a toujours pas gagné...

On entend souvent dire "Mais pourquoi Hillary fait-elle encore campagne alors qu'elle n'a plus aucune chance?".

Il suffit de répondre: "Obama a-t-il déjà gagné la nomination? Sinon, pourquoi fait-il encore campagne?". Car si les choses sont si certaines, comme beaucoup de supporters de Obama le revendiquent, il devrait être libre de rentrer à Chicago se reposer, non? Pourtant, c'est Hillary qui est l'objet de la colère des fans de Obama, qui semblent croire que si Hillary remportait la nomination, ce serait comme si elle lui volait quelque chose qu'il n'a même pas encore gagné.

Les arguments sont habituellement les suivants: "Hillary n'a aucune chance de dépasser Obama dans le nombre de délégués ordinaires. Même si elle fait de son mieux, elle aura toujours une centaine de délégués de retard et il n'y a aucune façon légitime de remporter la nomination à ce point-là."

Le problème majeur avec cet argument et que cela suppose qu'il n'est pas légitime que la nomination soit décidée par les super-délégués. En fait, rendons-nous à l'évidence, aussi bien Clinton que Obama vont avoir besoin des super-délégués pour gagner la nomination.

Bien entendu, pour tous les tenants de la campagne d'inévitabilité de Obama, le score des délégués ordinaires est sacré, ce qui veut dire que les super-délégués devraient "suivre la volonté populaire" et voter pour Obama en masse. Tandis que voter en masse pour Clinton de façon à renverser la décision finale ne serait rien d'autre qu'un "coup d'état".

Le problème est qu'il n'y a absolument aucune raison pour que les super-délégués suivent le candidat qui est en tête en nombre de délégués ordinaires. Comme l'a dit Howard Dean, chef du comité national du parti démocrate, "leur rôle est s'exercer leur meilleur jugement dans l'intérêt de la nation et du parti démocrate. Je suis confiant qu'ils vont accomplir leur tâche de manière responsable et en accord avec les valeurs de notre démocratie et de notre parti".
Les supporters de Hillary, au contraire, insistent que les super-délégués devraient suivre leur propre opinion indépendamment des scores de délégués ordinaires. Et c'est d'ailleurs la raison pour laquelle les super-délégués ont été inventés.

Le deuxième argument: les supporters de Obama, eux qui agitent le spectre effrayant d'un "renversement de la volonté populaires", s'inquiètent des conséquences négatives sur le parti si Hillary allait finalement gagner la nomination grâce aux super-délégués.

Quoi qu'il en soit, il est clair que Obama a de très grandes chances d'être le nominé, vu que les maths sont très défavorables à Hillary pour l'heure. Mais la raison pour laquelle les choses ne sont pas si claires et nettes est qu'il subsiste toujours ces histoires compliquées du vote de la Floride et du Michigan. Car comment peut-on raisonnablement dire que l'avance de Obama en terme de délégués ordinaires reflète la volonté populaire si l'on ne prend pas en compte les millions d'électeurs qui se sont exprimés en masse en Floride et dans le Michigan, qui s'avèrent être, tiens tiens..., des bastions Clinton??

Bien entendu, il est exact de dire que les règles ont été bafouées et qu'il était donc prévu que ces états ne comptent pas. Mais l'idée qu'un décompte de délégués qui inclura Guam ou Puerto Rico (qui ne votent pas dans l'élection générale) mais pas le Michigan et la Floride donne une image "juste" de la volonté populaire est un peu tirée par les cheveux. La vérité est que l'avance dont dispose Obama à la fois dans le nombre de délégués et dans le vote populaire dépend largement de l'annulation des scrutins de Floride et du Michigan et, en l'absence d'une solution pour ce problème, quiconque insistant pour que les super-délégués suivent la "volonté populaire" devrait demander qu'ils prennent en compte la volonté réelle des électeurs dans tous les 50 états et territoires lorsqu'ils prennent leur décision.


Posté par Pat Philly à 05:30 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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