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La campagne présidentielle américaine, suivie et commentée au jour le jour depuis Philadelphie

18 mars 2008

Qu'est-ce qu'il y connaît à la guerre, John McCain? Réponse... RIEN !!

Voilà qui est susceptible d'écorner l'image de spécialiste des affaires militaires et internationales dont John McCain se vantait tant. Son voyage au Moyen-Orient était supposé mettre en avant sa maîtrise des dossiers (notamment le dossier irakien) et ses supporters espéraient qu'il en sortirait avec une image d'homme d'état, capable de rencontrer les grands leaders du monde, pendant que les démocrates poursuivent leurs petites luttes internes...

Mais tout ne s'est pas passé comme prévu, alors que McCain a mal identifié certains des acteurs clé de la guerre en Irak. Il a répété à plusieurs reprises lors d'une conférence de presse et une interview radio qu'il s'inquiétait que l'Iran - un pays principalement chiite - entraîne des membres d'Al Qaïda en Irak (un groupe largement sunnite)... En réalité, la plupart des experts pensent que l'Iran aide les extrémistes chiites en Irak, et non Al Qaïda...

8012press_1"Nous continuous à être préoccupés que les Iraniens amènent Al Qaïda en Iran, les entraînent, et les renvoient en Irak", a-t-il dit. Lorsqu'on l'a interrogé à propos de cette remarque, il a répondu: "Eh bien, il est bien connu et il a été rapporté souvent que Al Qaïda retourne en Iran pour recevoir de l'entraînement, et qu'ils reviennent ensuite en Irak. Cela est bien connu. C'est malheureux."

Il a fallu que le sénateur Lieberman, qui l'accompagnait, lui chuchote une correction dans l'oreille, pour que McCain se reprenne: "Excusez-moi, les Iraniens entraînent des extrémistes, mais pas Al Qaïda." Oups...

Cela pourrait bien discréditer son image de fin connaisseur des affaires étrangères. Le Washington Post parle d'une gaffe, d'autres médias parlent de bourde ou de faux-pas. Quoi qu'il en soit, vu le nombre de fois où McCain a répété la même chose, il paraît peu probable que ce soit une erreur momentanée - une gaffe, une bourde, ou un faux-pas -  mais bien une profonde méconnaissance de la situation au Moyen-Orient, qui pourrait lui coûter cher. Loin de travailler de concert, l'Iran et Al Qaïda représentent plutôt deux parties opposées de la guerre irakienne, Al Qaïda étant un groupe extrémiste sunnite, tandis que l'Iran est dirigé par les chiites, qui représentent 90% de la population.

Un nouveau champion de la politique étrangère à la Maison Blanche?

Mise à jour (20 mars 2008): Apparemment, il n'a toujours pas compris...

Pour la troisième fois en deux jours, le candidat républicain a affirmé que Al Qaïda recevait de l'assistance de l'Iran, bien qu'il se soit déjà couvert de ridicule à ce sujet la veille. Cette fois-ci, dans une déclaration au sujet du 5e anniversaire de la guerre, il écrit: "Aujourd'hui en Irak, l'Amérique et nos alliés sommes sur le point de gagner une victoire majeure contre le terrorisme. L'amélioration de la sécurité depuis une année a été drastique et indéniable. Al Qaïda et les extrémistes chiites - soutenus par des puissances comme l'Iran - sont en fuite mais pas encore battus."

Cela n'a pas échappé aux démocrates, et Obama en a profité pour enfoncer le clou: "Nous avons entendu le sénateur McCain confondre sunnites et chiites, l'Iran et Al Qaïda. Peut-être est-ce pour cela qu'il a voté pour entrer en guerre contre un pays sans aucune attache avec Al Qaïda. Peut-être est-ce pour cela qu'il n'arrive absolument pas à comprendre que la guerre en Irak a fait davantage pour renforcer les ennemis de l'Amérique que tous les choix stratégiques que nous avons fait depuis des décennies."


 

Posté par Pat Philly à 18:01 - Commentaires [0] - Permalien [#]

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